FICTION – Conte à rebours : Léonine. Chapitre 7 – Epilogue

Eve-Ange Specht

10 avril 2020

Il y a une photo.

Mais je ne sais plus qui est dessus ?

Chapitres

Prologue
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
Épilogue

VII.

Un courant d’air me fouette le visage, de la poussière tombe du haut de la porte et l’odeur devient très forte. Je tousse et j’essaie de ne plus respirer. Je cache mon nez dans mon col et arrive à reprendre mon souffle. Seigneur, si vous saviez, cette odeur, elle vous prend aux tripes. La pièce est très sombre et toujours ce petit bruit. La lumière des escaliers dans mon dos n’éclaire que sur un ou deux mètres devant moi. Le sol est en terre et est couvert de poussière. À ma gauche, je vois un petit interrupteur qui ressort du mur. Quand je l’enclenche, une ampoule qui pendouillait au milieu du plafond s’allume et je vois ce qui se cachait dans cette pièce. Un frisson me parcourt le corps, mais mon esprit fait vite sens de ce qu’il voit. Je suis moi-même surprise de mon calme.

Pour vous décrire la scène, le cadavre de Paulin se tient face à moi. Tout autour de lui des montres et des horloges. La plupart fonctionnent encore. Paulin au milieu, n’est presque plus reconnaissable. C’est plus un squelette qu’un corps. Je regarde Michelette. C’est d’une tristesse. Je m’approche du corps doucement. Il tient dans sa main une petite montre. En regardant mieux je vois qu’à ses pieds a commencé à pousser toute une flore, des champignons et de l’herbe pâle. Derrière lui, à côté d’une horloge, il y a une fenêtre. Je retire le volet. Maintenant, la lumière pourra entrer dans cet endroit sombre. À travers la petite ouverture de la fenêtre, le vent souffle et dans le noir, au milieu des buissons, pèse le regard de ces bêtes. Je décide de remonter dans le salon. Je ferme la porte derrière moi en espérant que Paulin se repose bien.

Je ne sais toujours pas pourquoi ces choses s’en prennent à nous. Les horloges qui entourent Paulin me font dire que, peut-être pour lui aussi, le temps s’était coincé. Je me demande s’il avait lui aussi arrêté de boire le thé. Si même en ne buvant plus de cette drogue, il était devenu fou. Nos esprits sont si fragiles. J’aimerais mieux quitter cet endroit, je ne me sens pas en sécurité dans cette maison. Je pense à rentrer chez moi et peut-être continuer mon enquête, mais mon appartement n’est plus un lieu sûr. Je ne connais personne, sauf … Hugo. Je fouille un peu le salon, je trouve des clefs de voiture. Je les garde précieusement. Je trouve un téléphone, mais je me rends compte que je ne connais pas de numéros !

Voyons … J’ai un peu détruit cette maison et j’ai trouvé un cadavre … Je vais appeler la police ! Je prends le combiné, mais il n’y a pas de bruit. Je vois que le fil a été sectionné. Est-ce Paulin, ou bien les créatures qui ont fait ça ? Peu importe. Je prends Michelette avec moi, histoire d’ajouter un vol à toute cette histoire et monte dans la voiture. Il y a de l’essence et le moteur fonctionne. Hop là, autre délit. Je suis vraiment une Bad Girl. Je sors la voiture de l’allée et choisis au hasard une direction. Les lampadaires sont éteints, c’est étrange. Seuls les phares de la voiture éclairent mon chemin. Je passe devant la petite église. Toute la petite ville est éteinte. Je ne reconnais que quelque bouts. Au fur et à mesure, je sens les regards se dissiper. J’ai toujours en tête les bruits d’horloge et l’odeur affreuse de cette cave.

Je garde Michelette avec moi. Toutes les deux, on essayera de trouver quelqu’un qui nous aidera …

Nous avançons dans le noir. Les phares de la voiture nous donnent un petit aperçu de ce que cache la nuit épaisse.

Le grondement des pneus me berce. Je me sens un peu irréelle. Un peu une sensation de déjà-vu.

Je fixe la route et … tiens … mais ?

C’est ?

Sur le bord de la route là !

… Ah !

… AHH !!

Épilogue

Quatre exemplaires ont été imprimés à la ComColor et reliés dans le Print Lab de l’institut Saint-Luc en juin 2022.

Dans les collages apparaissent des images générées grâce à « Artbreeder » : Un site créé par Joel Simon.

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